Témoignages d’une collègue :
J’ai été convoquée pour des corrections de l’épreuve A1 en filière STAV, avec trois autres collègues du lycée.
Nous n’avons reçu aucune information concernant les conditions d’accueil et de travail, alors que la Bretagne était en alerte canicule…
Quand nous sommes arrivé·e·s dans un lieu déjà très chaud, lundi 22 juin à 14h, la consigne était de travailler vite pour l’harmonisation.
Il faisait de toute façon tellement chaud qu’il était impossible d’imaginer passer davantage de temps. Nous étions davantage concentré·e·s sur nos sensations, nos difficultés à supporter l’environnement et nos appréhensions concernant les deux jours suivants…
Lors d’une pause aux toilettes, j’ai aperçu mon visage dans le miroir. Comme beaucoup de mes collègues, ma peau était marbrée de petites taches rouges. J’ai alors compris qu’il fallait absolument que je boive avant de me sentir mal. J’ai bu environ 1 litre et demi ! Un des collègues a fait un malaise et n’a pas pu revenir travailler les jours suivants. Les copies qu’il était supposé corriger ont été partagées entre nous tous, à raison de deux copies supplémentaires pour chaque jury.
La Mirex est passée dans la salle nous indiquer qu’elle avait fait beaucoup en achetant deux minuscules ventilateurs au vu de l’immensité de la salle et du nombre de personnes qui y travaillaient. Autres aménagements qui étaient censés nous réconforter : la possibilité d’arriver au centre de correction dès l’ouverture à 6h15 et de travailler dehors en sortant du mobilier (tables et chaises), possibilité temporaire car dès 11h, il devenait difficile, voire impossible, de corriger dehors en raison des températures élevées. Autre idée : corriger les 53 copies qui nous étaient attribuées en une seule journée (sic) pour éviter de revenir le lendemain, si nous étions capables de le faire. Contrairement aux autres années, tous les paquets pouvaient nous être donnés le même jour !
Il nous a été refusé de corriger ailleurs, comme dans un endroit climatisé, à savoir dans une chambre d’hôtel ou chez nous. Nous devions rester à proximité de la salle qui nous a été attribuée.
Concernant le lieu de restauration, placé à l’autre bout du campus, nous devions marcher pendant 15 minutes sous un soleil de plomb. Il faisait une chaleur étouffante dans le self. Ce moment qui aurait pu nous permettre de nous reposer était une épreuve supplémentaire ! D’ailleurs, mercredi midi, nous avons préféré ne pas y manger.
J’ai ressenti les conséquences physiques de ces trois jours de travail dans des conditions très difficiles, à partir de vendredi : une grande lassitude et une fatigue tenace ont commencé à m’habiter. Il m’a fallu un week-end entier de repos pour me sentir mieux (et je repartais en correction le lundi 29 juin pour corriger l’épreuve E1 de BTS, à nouveau à Rennes…)
Il est clair que je n’envisage pas de revivre des corrections dans ces mêmes conditions.
Nous ne corrigerons plus de copies à plus de 30 degrés !
À SUD Rural Territoire nous jugeons inadmissible
de travailler dans de telles conditions !
Le MAASA ne peut pas imposer à ses agents
des conditions de travail qui nous mettent en danger !
Nous dénonçons le manque de mesure et d’anticipation de ces situations !
